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Dyspraquoi ? Isabelle Decitre

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Couper avec des ciseaux, coller des gommettes ou encore sauter des haies. Près de 6% des enfants âgés de 6 à 11 ans sont dyspraxiques. Si, au niveau scolaire, des aides se développent, la France est loin d’être le pays le plus avancé en la matière. Présidente de l’association “Dyspraxie France Dys 83”, Isabelle Decitre se bat pour faire connaître et reconnaître ce trouble.

Qu’est-ce que la dyspraxie ?

C’est un trouble méconnu. On peut l’appeler le syndrome de l’enfant maladroit. Il n’a pas la coordination des gestes. Il doit réfléchir à chaque fois. Par exemple, l’enfant qui voit le feu vert doit traverser mais il doit donner l’ordre à ses jambes d‘avancer et c’est plus complexe chez le dyspraxique que chez un autre enfant. Ce n’est pas automatique.

Comment cela se passe-t-il a l’école ?

Ce sont des enfants lents. 30% sont des enfants précoces donc ils compensent. Souvent, ils soufrent en silence. Dès le plus jeune âge, on observe des problèmes pour découper ou coller des gommettes. C’est un vrai décalage entre leur manière de s’exprimer et leurs réalisations. Ils sont souvent maladroits en sport. Après, ils ont des difficultés au quotidien pour couper leur viande ou faire du vélo. Il y a très peu de spécialistes en dyspraxie. Les parents ne savent pas mettre un nom sur ce trouble. Dans le cadre scolaire, la dyspraxie est très mal détectée. Si les enfants ont un problème à l’école, on pense souvent que cela relève du pédopsychiatre. En fait, c’est la coordination du geste donc, il faut voir un neurologue.

Une fois le diagnostique posé, que se passe-t-il ?

On ressort avec un bilan et après, on se retrouve vraiment seul au monde. C’est un handicap réel. On va essayer de compenser à l’école avec un ordinateur. On lève l’écriture avec une aide humaine (une auxiliaire de vie scolaire ou un ordinateur). La plupart du temps, on a affaire à des enfants intelligents donc ils peuvent suivre une scolarité normale. On leur lève petit à petit ce qui est compliqué (lecture, réalisations, géométrie).

Sommes-nous prêts à accueillir ces enfants ?

Contrairement aux pays nordiques ou même à l’Italie, nous avons du retard sur l’inclusion scolaire. On essaye de dialoguer, de rentrer dans les écoles avec une ergothérapeute par exemple pour maîtriser le clavier, les outils… Nous avons des jeunes adultes qui arrivent à s’en sortir de plus en plus en fac. Tout ceci reste très paradoxal puisqu’ils peuvent réussir en médecine mais avoir beaucoup de mal à passer le permis.

Propos recueillis par Laura Berlioz

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur www.limpact.fr

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