Accueil Articles [Articles] block 2 La loi des séries !

La loi des séries !

43

Ce sont Alexandra Lamy et Jean Dujardin qui ont fait exploser le genre : une mini-série de quelques minutes qui entre chaque soir dans des millions de foyers pour suivre au quotidien les histoires d’un couple ordinaire.

“Un gars, une fille” est un transfuge de la télé québécoise qui a fait un malheur… Il fallait simplement l’adapter pour la France et Jean et Alex ont réussi et TF1, ravie de l’aubaine, a décidé de récidiver : on garde le même principe, la même formule mais on l’étoffe. Avec “Nos chers voisins” ce n’est plus l’histoire d’un couple mais le quotidien de tout un immeuble avec l’irascible concierge (Martin Lamotte), le couple trentenaire bohème (Gil Alma et Isabelle Vitari), le couple BCBG catho nanti de trois enfants (Christelle Reboul et Thierry Samitier), deux co-loc déjantés (Issa Doumbia et Jean-Baptiste Shelmerdine) amoureux de leur voisine (Joy Esther).

Tour à tour ils s’entraident, se font des niches, se fâchent, se rabibochent, se vannent… et c’est très drôle. Succès garanti avec des comédiens épatants, comme dirait Michel Drucker !

Mais, sentant le vent du succès, quelques mois auparavant M6 a quadruplé la mise en nous faisant vivre, sur le même principe, les aventures de trois puis de quatre couples. Sont-ils dans le même immeuble ? On ne sait pas car ils ne se rencontrent jamais et l’on entre chez eux pour découvrir chaque soir des petits moments de vie du couple infernal qu’est Marion Game et Gérard Hernandez, aussi bêtes que méchants. Le second couple est formé par le beau black fier de ses biscoteaux avec sa femme foldingue : Loup-Denis Elion et Audrey Lamy… oui, la sœur d’Alex qui suit le même chemin qu’elle.  Le couple bobo est formé de Frédéric Bouraly et Valérie Karsenti, souvent à côté de la plaque. Enfin il y a les imbéciles heureux, gagas devant leur bébé : Anne-Elisabeth Blateau et David Mora, les derniers arrivés.

A noter qu’ils sont tous vêtus de couleurs flashies et violentes qu’on n’oserait jamais porter !
Après ces séries journalières, il faut aussi revenir sur TF1 pour retrouver la troisième saison d’une série hebdo qui déménage : “Mes amis, mes amours, mes emmerdes”.

Trois couples, amis de vingt ans, passent leur temps les uns chez les autres et décident de se trouver une maison de campagne où ils se réuniront à la moindre occasion. ça ressemble à du Claude Sautet avec beaucoup plus d’humour, de gags, de joie de vivre, même si l’un d’eux, Bernard Yerlès, vient de perdre sa femme. A ses côtés, mariés depuis 18 ans, il y a la belle Florence Pernel et le lunaire Bruno Madinier. Elise Tielroog est avocate est mariée à ce grand naïf de vétérinaire qu’est Stéphane de Groodt. Enfin, arrive Agathe de la Boulaye.

Sur la musique générique de Charles Aznavour, tout ce petit monde s’entrecroise, se dispute, rigole, l’amitié et l’amour ayant toujours le dernier mot. On vit vraiment, comme l’indique le titre, leurs amours de couples pimentés de temps en temps par quelques démangeaisons sexuelles, leurs emmerdes de boulot, de famille, d’argent, qu’ils ont tous comme le commun des mortels, tout cela dans les rires et l’émotion et chacun peut se retrouver dans ces beaux comédiens attachants, sympathiques, drôles… En fait, un cocktail royal dont la troisième saison vient de se terminer mais dont la quatrième est en chantier.

Le succès de ces séries c’est qu’aucun n’est un super héros, que personne ne se la joue, que ce sont des gens comme tout le monde qui vivent des histoires comme chacun d’entre nous en vit. Et ainsi, ces gens ordinaires et simples entrent chez nous chaque soir ou chaque semaine et font partie de nos amis, de notre famille. Nous prenons fait et cause pour leurs histoires que nous avons vécues ou que nous pourrions vivre.

La recette est bonne et c’est un bon bol d’air qui entre chez nous, avant ou après des informations de plus en plus dramatiques et emmerdantes. Et ça fait du bien.

La preuve : le succès que tous ont obtenu au festival de la fiction TV de la Rochelle !

Jacques Brachet
Photos Christian Servandier