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Comment faire rayonner un club de haut niveau, Gilles Rus

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L’USC handball en quelques chiffres, c’est quoi ?
C’est près de 300 licenciés, masculins et féminins qui interviennent sur des championnats nationaux, régionaux et départementaux.
C’est également plus de 40 bénévoles et entraineurs qui œuvrent au bon fonctionnement du club.
Et côté formation, nous bénéficions depuis plusieurs années du Label “Or” de la Fédération Française de Handball.

On ressent une atmosphère conviviale lorsque l’on entre dans vos gymnases ? Comment l’expliquez-vous ?
Vous savez, on a souvent l’impression que certains l’oublient, mais avant tout, c’est du sport et ça doit rester du sport, un espace ou on doit prendre du plaisir avant tout. Et même si la compétition est la base, le sport doit être un espace de partage, de sensations et d’émotions (contenues !). Et puis, la convivialité, ça ne se décide pas, ça ne s’explique pas, ça se vit et ça se communique, tout simplement. Alors si vous ressentez cette convivialité, c’est que chacun d’entre nous partage le même état d’esprit et contribue à dégager cette ambiance.

Quelles améliorations souhaiteriez-vous au niveau du club ?
Le club est relativement bien structuré et nous avons des bénévoles impliqués. Mais j’ai vu, au fil des années, les charges de travail et les contraintes de gestion augmenter de manière importante et peser de plus en plus sur les bénévoles. Alors effectivement, on peut apporter des améliorations au fonctionnement administratif du club mais avant tout, il faut œuvrer à étoffer le groupe et penser à renouveler ceux qui s’arrêteront. Et pour çà il est urgent que d’autres s’investissent, parents, anciens joueurs… Même si c’est pour seulement deux ou trois heures par semaine.

C’est également votre cas ?
Bien évidemment, je suis à la présidence du club depuis 13 ans. Et malgré toutes ces années, j’y prends toujours autant de plaisir. Mais naturellement, il faudra bien un jour que quelqu’un prenne la main. C’est naturel, non ?

Et côté finances ?
Nous sommes à l’équilibre et nous veillons à y rester. La moitié de notre budget provient des aides des financeurs publics, et chacun sait que ce n’est pas à la hausse, bien au contraire. Alors il faut continuer à générer des ressources au travers du partenariat privé ou par des évènements comme le tournoi que nous organisons en fin de saison. Mais soyons clair, ça passera également par l’augmentation du tarif des licences, pour compenser les aides qui diminuent.

Quelques mots sur le secteur féminin ?
Le secteur féminin est en difficulté à La Crau, mais plus généralement sur le l’ensemble de la Ligue Côte d’Azur. En effet, depuis 2 ans, nous faisons des tentatives d’ententes avec des clubs voisins : sans suite. Nous nous efforçons d’étayer et de tenir du mieux que nous pouvons mais faire beaucoup d’efforts et dépenser beaucoup d’énergie n’est pas forcément gage de résultat, alors on verra mais ce sera de plus en plus compliqué d’alimenter une filière féminine complète.

Les mauvais résultats de votre équipe de Nationale 2 masculin sur le début de saison vous inquiètent-t-ils ?
Le niveau de notre championnat s’est encore relevé cette année et nous n’avons pas totalement réussi nos recrutement. De plus, la succession de blessures ne nous épargne pas.
Je crois profondément dans les valeurs de mes garçons. C’est un groupe d’amis et ils vont retrouver leurs forces dans le groupe. Ils vont devoir s’attacher à retrouver du plaisir, et on va les aider dans ce sens. Mais c’est à la fois individuellement et ensemble qu’ils vont devoir retrouver l’alchimie de la gagne.

Quelques mots sur les partenaires de l’USC Handball ?
Les partenaires majeurs du club sont les institutionnels, particulièrement la Mairie de La Crau, l’agglomération de communes Toulon Provence Méditerranée et le Conseil Départemental du Var ; c’est avant tout une aide financière bien sûr mais également au niveau des infrastructures mises à notre disposition.
Nos partenaires privés nous renouvellent également, chaque année, leur appui et leur confiance. Merci à tous de soutenir le Handball craurois.
Parlons un peu de la formation.

Quelle place a-t-elle au sein du club ?
Elle est vitale car il faut renouveler les équipes seniors. Nous n’avons pas forcément les moyens de recruter des joueurs à ce niveau-là. Notre équipe première masculine évolue en N2. N’importe quel club qui débauche un bon joueur se retrouve face à des exigences de salaire, de logement ou d’autres avantages. C’est important de fidéliser nos jeunes dès l’entrée au club. Certains pourront potentiellement être surclassés et renforcer les équipes seniors.

Pourquoi les jeunes joueurs sont-ils attirés par l’US Crauroise Handball ?
Déjà, comme pour le foot cette année, nous avons bénéficié en 2017 d’un effet “Coupe du Monde”. Après le titre de l’équipe de France, beaucoup de petits ont voulu essayer. Ce qui attire aussi les jeunes, c’est le niveau de nos équipes. Nous avons des U15 et U17 qui jouent en élite PACA. Plus jeunes, ils peuvent venir pour avoir comme objectif d’atteindre ce niveau. Par exemple, cette année, nous avons recruté pas mal de U17. Les niveaux seniors donnent aussi envie. A La Crau, on peut au moins jouer en pré-nationale. C’est-à-dire, le plus haut niveau régional.

Quelles sont les réussites dans votre formation ?
Comme je vous le disais, nos deux équipes en élite PACA. C’est révélateur car, même s’il a fallu recruter, certains de nos jeunes avaient le niveau. Pour la plupart, ils l’ont obtenu en se formant à La Crau. Le Baby Hand marche également très bien. Nous sommes même victimes de notre succès car les tout-petits ne peuvent s’entraîner que le mercredi et le samedi matin. Pour autant, il faut accueillir tout le monde. Il y a quand même du positif quand on voit des jeunes qui viennent depuis Bormes ou Saint-Cyr. Cela veut dire aussi que leurs parents sont impliqués. Ils contribuent à cette réussite en organisant leur quotidien autour des entraînements et des matchs. Ce n’est pas toujours le cas, pourtant, c’est primordial. De toute façon, c’est l’engagement qu’ils prennent en inscrivant leurs enfants.

Inversement, quels sont vos axes d’amélioration ?
Il nous faut davantage de gens disponibles et formés. On manque clairement de cadres. Pour pallier cela, on demande à nos joueurs d’entraîner. Cela dépanne mais ce système a ses propres limites. Un joueur qui a un match vers Saint Étienne le samedi soir peut difficilement coacher son équipe, en déplacement à Marseille, le samedi après-midi. Je lance un appel aux volontaires pour se former : on aura de plus en plus de besoins.

Propos recueillis par Laura Berlioz