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Des filles qui ne restent pas sur la touche, Hyères Football Club

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Deux-cent. Le nombre de licenciées qu’espère atteindre la section féminine du football club de Hyères pour la fin de saison prochaine. Un défi ambitieux, bien préparé par le club. 60 filles en juin dernier s’ajoutent à la centaine de joueuses attendues pour septembre. Si l’engouement qu’a suscité le foot cet été lui a été favorable, le FC Hyères mise sur la promotion de son activité et sur des recrues de choix dans son équipe dirigeante. Ce que nous explique Gérard Durrieu, responsable de la section des féminines.

Les demandes de licences féminines ont beaucoup augmentées. Avez-vous bénéficié d’un effet coupe du monde ?
Sans aucun doute mais plutôt du côté masculin. A la fin de l’année, le mondial féminin nous aidera davantage. D’ailleurs, on compte bien organiser une manifestation au sein du club. Nous avons une salle avec 2 écrans. Elle ne peut pas accueillir tout le monde mais ce serait formidable d’y diffuser des matchs. Si elles vont en finale on va demander une diffusion dans un plus grand espace, comme c’était le cas en juillet dernier, pour les garçons.

Comment comptez-vous doper le nombre de licenciées ?
Premièrement, avec notre équipe dirigeante. Yves Bouttet, ancien du FC Hyères a coaché en ligue 1 féminine des joueuses devenues internationales comme Marinette Pichon. Il conseille les éducateurs et prépare des fiches pour réaliser des tests en fonction de chaque joueuse. C’est notre directeur technique. Nous avons également un préparateur physique tout droit venu du cercle des nageurs de Marseille.
Dans un second temps, nous faisons de la promotion sur trois axes. D’abord les joueuses. Au centre Azur et au Leclerc de Hyères nous ferons des animations pour leur faire découvrir notre club et leur donner envie de jouer au ballon rond. Ensuite, nous cherchons des sponsors financiers pour des jeux de maillot etc. Enfin, nous sommes en demande d’entreprises qui pourraient recruter nos joueuses. Nous leur demandons beaucoup de temps pour être présentes aux entraînements, matchs etc. Il est donc plus facile pour nous de les recruter avec un emploi à la clé. J’ai déjà présenté deux de nos joueuses à des entrepreneurs qui les ont embauchées. Les footballeuses sont très dynamiques, les profils sont donc très intéressants pour les recruteurs.

Quel regard portez-vous sur l’évolution du football féminin en général ?
Déjà, en général, les filles s’y intéressent de plus en plus. Je vais régulièrement au vélodrome. Le nombre de supportrices dans les tribunes augmente. Chacune d’entre elle peut représenter, au-delà d’une joueuse potentielle, une maman qui encouragera sa fille à faire du foot si elle le souhaite. Cela avance doucement mais cela avance. La médiatisation progresse, notamment à la télévision. Beaucoup de clubs ouvrent une section féminine. Les plus petits font des équipes mixtes mais les garçons mettent rarement les filles à l’aise.

Toujours les mêmes clichés dans ce sport, j’imagine ?
Oui et pas seulement au niveau des joueurs. Sans s’en rendre compte, les parents y contribuent. Je suis bien placé pour le savoir. J’ai joué au foot pendant 17 ans. Ma fille, elle, l’a découvert à l’école. Elle est venue me voir pour me demander d’en faire, à la place de la danse. Elle a beaucoup insisté. J’ai fini par lui lui proposer de s’inscrire, en plus de la danse. Depuis, elle ne fait que ça. Comment un homme comme moi n’a jamais pensé à inscrire sa fille au foot? A mon époque, dans mon club, on comptait une fille sur 1000 licenciés.

Propos recueillis par Laura Berlioz