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Galerie Estades, 25 ans de passion

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Galerie d’art toulonnaise connue et reconnue de tous, la galerie Estades a bien grandi depuis son ouverture en 1990. Ce mois-ci, elle fête ses 25 ans, 25 années d’art sans fausses notes, orchestrée par Michel Estades, qui au fil du temps n’a cessé d’imprégner sa passion et son regard d’expert dans ce lieu empreint d’élégance et de modernisme, un incontournable du paysage toulonnais.

25 ans Galerie Estades - Limpact

En avril 1990 naissait la première galerie Estades, au cœur de Toulon, imaginée et créé par un passionné d’art qui avait pour seule ambition de faire vivre la peinture, sous toutes ses formes, de partir à la rencontre de nouveaux artistes, de promouvoir leur travail, de croiser sur son chemin de grands noms, de les côtoyer et qui sait, un jour peut-être de les exposer… 25 ans plus tard, cette passion n’a cessé de grandir, elle a fait de Michel Estades un homme reconnu dans son métier, un expert en art de talent et pour preuve, nombreux sont ceux qui aujourd’hui se bousculent pour travailler avec lui. Son œil avisé, sa droiture, sa sensibilité artistique le font parcourir le monde entier à la recherche du petit artiste qui deviendra grand. 25 ans d’art et 3 galeries à son actif, Toulon, Lyon et Paris, une large reconnaissance des amateurs d’art et des artistes peintres eux-mêmes, ici et ailleurs, le toulonnais a su se faire une place prestigieuse, en toute liberté, en toute sincérité.
Rencontre avec Michel Estades.

25 ans ! C’est plus qu’une passion, c’est un véritable amour entre l’art et vous ?
L’art a toujours été une passion pour moi, j’ai aimé les tableaux très jeune, c’est tout à fait naturellement que je me suis mis à vendre des tableaux, l’ouverture de la galerie en avril 1990 à Toulon était le point de départ, mais j’avais déjà travaillé dans un petit magasin à Toulon qui s’appelait « Les trouvailles » et à cette époque, beaucoup de collectionneurs venaient dans ce petit magasin dénicher des pièces de grands artistes. L’espace dans lequel je travaillais était devenu trop petit, c’est la raison pour laquelle j’ai décidé d’ouvrir ma propre galerie, à Toulon parce que je suis originaire de Toulon. Beaucoup me demandent ce que je fais à Toulon mais moi je pense que lorsque l’on a les bonnes œuvres, les gens suivent, ils viennent. C’est avec toute cette passion, cette énergie, dans un souci de qualité, de respect du client et des artistes que j’expose que je suis arrivé à me faire une très bonne clientèle, avec de plus en plus d’artistes.

Quel regard portez-vous sur votre parcours ?
Ce qui me vient tout de suite, c’est la chance d’avoir pu rencontrer de grands artistes qui ont marqué leur époque, de les côtoyer, comme Pierre Deval, Eugène Baboulène, Marie Astoin, Pierre Cornu, Camille Hilaire, d’arriver à les exposer, comme un rêve d’enfant qui se réalise.?Lorsque j’ai commencé, jamais je n’aurais pu imaginer les exposer un jour. C’est l’histoire de l’art vécu, l’exigence de la qualité. J’ai récemment agrandi ma galerie à Toulon, à Lyon et à Paris je suis situé Place des Vosges. Avoir une galerie à Paris à cet endroit là c’est un rêve de gosse, ça a beaucoup de sens pour un petit provincial comme moi. En 2009, lorsque j’ai ouvert ma galerie à Paris, une cliente toulonnaise qui m’a connu à l’époque où j’avais le tout petit magasin est arrivée et m’a embrassé en me félicitant d’être aujourd’hui sur la Place des Vosges, cette personne m’a marqué et ému par sa sincérité et sa spontanéité.

Galerie Estades Toulon 25 ans - Limpact

Selon vous, qu’est-ce qui fait le succès de vos galeries ?
Je pense que le succès des galeries tient en trois points, d’abord la qualité des œuvres exposées, ensuite la convivialité, j’ai toujours considéré la galerie comme un espace de liberté, je mets un point d’honneur sur l’accueil des clients, je fais en sorte que chaque personne qui ouvre la porte se sente à l’aise, l’art n’est que du bonheur, on vient chercher ce bonheur, nous sommes toujours assez proche du client, une galerie est une communauté de goûts.

Aujourd’hui, que vous apporte cette reconnaissance ?
Je suis reconnu en tant qu’expert, je suis appelé par de grandes maisons de vente afin d’expertiser des tableaux. Récemment j’ai prêté des tableaux au musée de Toulon, tout ceci a beaucoup de sens pour moi. Rien ne me fait plus plaisir qu’un peintre régional devienne coté au niveau national, pour moi c’est une grande reconnaissance. Je ne me suis jamais rien interdit, je suis épris de liberté, j’ai toujours agi à l’instinct, le plus important pour moi chez un artiste c’est sa sincérité, qu’il ait un monde à lui, ensuite, l’ensemble en fait un travail de qualité. Je me suis toujours refusé à rentrer dans certaines modes picturales, avec le temps je pense que j’ai bien fait car c’est toujours très éphémère et c’est aussi un respect du client, c’est assez subtil.

Comment décririez-vous la relation de marchand à peintre ?
La qualité se vend, l’art est devenu une valeur refuge, l’art est un investissement, il y a de plus en plus d’amateurs d’art dans le monde, de plus en plus de musées qui se créent, de demandes. L’art est un plaisir réfléchi. Tous les artistes que je côtoie sont des coups de cœur, la relation de marchand à peintre est particulière, vous ne pouvez pas accompagner quelqu’un sur le long terme s’il n’y a pas une empathie naturelle, lorsque l’on défend quelqu’un, il faut être capable de lui répondre dans la nuit s’il vous envoie une toile. C’est une relation très fusionnelle, une relation de confiance. Il faut toujours que le cœur parle, il faut être d’une grande sincérité. Pour un artiste, avoir un marchand qui l’accompagne est quelque chose de très précieux.

Art monumental - Limpact

L’une de vos grandes passions est l’art monumental, comment est venu cet attrait ?
Au départ j’étais très axé sur la peinture et puis grâce à Gérard Boudon il y a environ 15 ans, j’ai commencé à m’intéresser à la sculpture et c’est aujourd’hui un domaine qui me passionne. Ce qui me fascine c’est principalement la sculpture animalière car je n’ai pas encore trouvé de représentation physique de personnages qui me convienne totalement, par contre j’ai de très bons artistes animaliers. De plus en plus de gens demandent des pièces immenses pour mettre dans les jardins, l’œuvre monumentale est large et diversifiée.

Quelles sont vos ambitions aujourd’hui ?
Je suis très peu présent dans mes galeries car tout mon travail est ailleurs, il consiste à rechercher les artistes, je suis un marchand de tableaux comme aujourd’hui il y en a plus beaucoup en France, je mets toute mon énergie, mon temps pour défendre un artiste qui me plaît, je n’hésite pas à bouger, aller à l’étranger pour le faire connaître et j’incite les gens à se rendre dans les galeries pour que l’œuvre vive. J’ai eu la grande joie de classer 5 peintres parmi les 100 peintres vivants les plus vendus aux enchères en France en 2013, je n’ai pas encore reçu le classement pour 2014, mais c’est une grande satisfaction.

Que peut-on souhaiter à votre galerie pour ses 25 ans ?
D’en refaire 25 autres ! 25 ans de métier, c’est le temps de la sérénité, j’ai la grande chance de pouvoir choisir avec qui je travaille, c’est quelque chose de très agréable. Rester sur les mêmes fondamentaux, rester fidèle à soi-même, c’est le plus important, ce sont les valeurs que mes parents m’ont inculqué, être soi. Ce métier est d’une richesse absolue, nous rencontrons des personnalités très connues, des chefs d’états et des amateurs qui vont acheter une seule pièce. Je respecte à la même hauteur le petit et le grand client.

Propos recueillis par Marine Astor