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Municipalité sous bonne garde, Jean-Claude Charlois

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Il y a deux ans, Jean-Claude Charlois était adjoint au personnel et à la jeunesse. Le maire de l’époque, Jean-Louis Masson, a dû se soumettre au non-cumul des mandats après son élection en tant que député. Sécurité, logement, centre-ville, son successeur fait un point sur l’actualité de sa ville.

Votre commune est-elle impactée par la crise actuelle ?
Notre ville est relativement épargnée. Chaque samedi les violences se multiplient mais La Garde reste à l’écart de cela. Par ailleurs je pense que le centre-ville se porte de mieux en mieux. On développe des projets d’aménagement autour. Je veux le rendre plus vivant. Par exemple, j‘ai organisé un bal populaire début d’automne qui attire du monde.

Quel regard portez-vous là-dessus ?
J’étais invité à l’Elysée après l’élection d’Emmanuel Macron. Pendant son discours, deux sentiments contradictoires m’ont traversé. En l’écoutant, je me suis dit : “Il a raison sur tout”. D’un autre côté, j’étais très mal à l’aise par rapport à sa manière de s’exprimer. Avoir raison, c’est bien mais le plus important c’est de savoir le faire passer. Si brillant soit-il, il n’a pas conscience de ce “mais”. Il reste inaudible. Les gilets jaunes, je les comprenais. Les gens en ont marre de se faire prendre pour des imbéciles par ceux qui ne sont pas sur le terrain. En revanche, maintenant, en voyant les violences, je me dis que les gilets jaunes d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier.

Quelle est votre principale difficulté en tant que maire ?
Je dirais, parfois, l’emprise de la loi. Elle est nécessaire mais on écrit tellement de lois que cela peut devenir liberticide. Il devient plus simple d’évoquer ce qu’on a le droit de faire plutôt que ce qu’on n’a pas le droit de faire. Cela nous complique la tache. On doit toujours se casser la tête pour être “dans les clous”. Prenons un exemple tout simple. L’autre jour, j’ai demandé une intervention aux services municipaux pour effacer des tags sur le mur d’une habitation. Pour cela, il faut une convention car le propriétaire du mur doit être d’accord de prendre le risque que notre produit abîme son mur. En tant que maire, je veux aider mes administrés mais je me heurte à ces ralentissements.

Beaucoup de villes voisines sont impactées par la loi SRU. Est-ce le cas à La Garde ?
Nous sommes quasiment les seuls dans la métropole à être dans les clous. Nous devons rester vigilants avec les nouvelles constructions. Même si nous n’avons pas de difficulté, cette loi reste quelque part problématique. Certains se disent : “Est-ce que ma commune a vocation à ça ?”. Logement social ne veut pas dire délinquance mais cela peut vouloir dire “dérives”.

Justement, les administrés sont particulièrement attentifs à leur sécurité. Qu’en est-il à La Garde ?
Nous n’avons pas de problèmes majeurs comme dans d’autres villes. Nous possédons 2 grandes cités : Romain Rolland (zone prioritaire) et les Planquettes (en veille). Même si ça se passe bien, nous avons toujours le même problème : une minorité a un comportement qui pourrit la vie de la majorité des gens de ces quartiers.

Propos recueillis par Laura Berlioz