Accueil Articles [Articles] block 2 Opéra”lohengrin” de richard wagner mis en espace par un toulonnais : frédéric...

Opéra”lohengrin” de richard wagner mis en espace par un toulonnais : frédéric andrau

112

Frédéric Andrau est Toulonnais. Très jeune il a été attiré par le théâtre et le premier papier qu’il a eu pour une création à la Maison des Comoni du Revest, était signé par votre serviteur !
Je ne sais si c’est ce qui lui a porté bonheur… Non, en fait, c’est surtout un beau talent, une belle passion qui l’ont emporté. Il est passé du théâtre au cinéma et à la télé, de comédien à metteur en scène et il écrit aussi… Un artiste complet qui a dû “monter” à Paris pour vivre de ce métier mais il n’en a pas oublié sa ville et sa région puisqu’il est revenu jouer “Electre” avec Jane Birkin, à Châteauvallon, il a mis en scène à l’Opéra de Toulon “L’enfance du Christ” de Berlioz et l’an dernier il a adapté et mis en scène à l’Espace Comédia de Toulon “La petite robe de Paul” de Philippe Grimbert…
On l’a également vu dans le clip de Cali “Je te veux maintenant” et il vient de jouer au Théâtre Montparnasse à Paris “Lettre d’une inconnue” de Stefan Zweig avec Sarah Biasini.
Le monsieur n’arrête pas et le revoici à l’Opéra de Toulon où il mettra en espace l’opéra romantique de Wagner “Lohengrin”*.
Lohengrin, chevalier de la Table Ronde au service du Saint-Graal et fils de Parsifal, est envoyé sauver une vierge innocente, la jeune Elsa de Brabant. Celle-ci est injustement accusée par Telramund et sa femme Ortrud, assoiffés de pouvoir, d’avoir assassiné son jeune frère Gottfried qui a disparu lors d’une promenade. Pendant le procès d’Elsa, Lohengrin paraît, guidé par un cygne blanc. Triomphant en duel de Telramund, à qui il laisse la vie sauve, il prouve l’innocence de la jeune fille. Tous deux peuvent s’unir, mais à une condition : elle ne doit jamais lui demander d’où il vient…

Frédéric, quelle différence y a-t-il entre une mise en scène et une mise en espace ?
En fait, il y a longtemps que j’essaie de comprendre car c’est autant de boulot pour l’un comme pour l’autre ! Disons que pour la mise en espace, il y a économie de moyens, de costumes, de décors… Le spectacle évolue dans une autre direction car il est moins explicatif, plus évocateur. Mais ce qui me plaît, que ce soit au théâtre ou à l’Opéra, c’est l’évocation, donc, c’est un autre plaisir mais c’est aussi intéressant parce qu’il y a une certaine contrainte qui fait que je me sens plus au service du chant que du côté visuel car c’est automatiquement plus dépouillé.
Ma version sera assez radicale puisqu’il y aura d’un côté les choristes, qui représentent le peuple, qui évolueront dans un lieu assez étriqué et encaissé avec des costumes assez sombres et uniformes et ce sont les solistes qui se mêleront à la foule… Mon but aussi, c’est de dépeindre le cauchemar d’une femme qui est dans un monde d’hommes fait par et pour les hommes. ça parle de pouvoir, de rêve, de décadence et ce qui m’intéresse c’est de révéler tout ce que ça peut évoquer aujourd’hui.

Heureux de retrouver Toulon ?
Oui, d’autant que je n’ai pas pu venir pour les fêtes car je jouais “La religieuse” de Diderot. Je vais donc retrouver ma famille, mes complices Ivan Mathis qui fera la lumière et Luc Londiveau qui signe la scénographie. Et puis, je vais travailler avec de merveilleux artistes.
Il y a de quoi être heureux !

Jacques Brachet

* Avec Stefan Vinke (Lohengrin), Anna Gabler (Elsa), Elisabeth Connell (Ortrud), Anton Keremidtchiev (Friedrich)…, l’orchestre et choeur de l’Opéra de Toulon, dirigé par Giuliano Carella. Dimanche 29 janvier 14h30, mardi 31 janvier, vendredi 3 février 19h30.