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Hyères présente sa 1ère Fête du Livre

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Les 11 et 12 avril, la ville de Hyères vous présente sa première Fête du Livre. Le temps d’un weekend, place Clémenceau et place de la République, retrouvez de nombreux auteurs, venez échanger, dédicacer vos bouquins, découvrir les dernières nouveautés. Alors, êtes-vous plutôt polar, littérature, bande dessinée ou livre jeunesse ?

Zoé Alain Cadéo - Limpact

Le coup de cœur
« Zoé » d’Alain Cadéo, éditions Mercure de France
« J’aime les lettres d’Henry. Je ne comprends pas tout mais j’aime la musique de ses mots. J’entends sa voix quand je le lis. Et je peux lire et relire, je trouve
toujours autre chose derrière chaque phrase. »
Tout comme Zoé, le lecteur tombe sous le charme des mots d’Henry, ou plutôt de ceux d’Alain Cadéo, dès les premières lignes de ce roman empli de tendresse et d’une incroyable justesse.
Peu de temps avant deprendre connaissance des plus profonds sentiments de ce sexagénaire plein de bonnes intentions, Zoé, six-huit ans, nous paraît bien seule dans la boulangerie du village toute la journée, excédée par le comportement des hommes de passage ici. C’est alors qu’Henry, vieux loup solitaire pour qui l’écriture est un refuge, déboule dans sa vie comme un tsunami, renverse tout sur son passage, la submerge d’émotions et se crée alors une profonde amitié entre nos deux protagonistes. Entre méfiance et peur, Zoé est une sorte de nouvelle âme qui se glisse dans sa vie, elle est sensible mais surtout pas quelconque. Il est mal dans sa peau, elle est sa lumière, son nouvel espoir. Mais jusqu’où peut aller cette relation entre ce vieillard et cette jeune femme ?

Relation épistolaire, confidences et tellement plus encore, admiration vacillant de l’un à l’autre, fascination justifiée ? Qu’importe. Ce que l’on retient dans ce roman c’est avant tout la narration spontanée d’Alain Cadéo, il plante le décor avec une plume sincère et sans détour, traite de l’existence et nous prouve que l’hypersensibilité est un cadeau venu du ciel. Du journal intime à la lettre, de la narration aux dialogues, les frontières sont minimes, l’auteur nous rappelle à quel point la réalité peut être déconcertante, les rencontres déterminantes et le destin si fragile. 150 pages suffisent à vous transporter, Alain Cadéo l’a bien compris, sans superflu, sans blabla, il vise juste avec ce roman extrêmement bien écrit.

C’est le coup de cœur de la rédaction et c’est au Broussan à Evenos que j’ai rencontré notre auteur. Avec 40 ans d’écriture derrière lui, Alain Cadéo est un homme sensible et terriblement humain, il joue avec les mots, sans cesse, sans aucune retenu, il s’abandonne à une narration inspirée et fascinante dès qu’il en a l’occasion. Sa plume est son principal allié. Convaincu que le monde ne change que si l’intention est pure, Alain Cadéo connaît un succès non négligeable avec Zoé, son intention est bien réelle, son succès largement mérité.

L'involontaire Blandine de Caunes - Limpact

L’interview
Blandine de Caunes, « L’Involontaire »
Auteure et attachée de presse dans l’édition, Blandine de Caunes sera présente à Hyères à l’occasion de la Fête du Livre pour dédicacer son roman
« L’Involontaire », publié en 1976 et réédité en 2015, aux éditions Phebus.

L’histoire : Entre un champion du monde de lutte gréco-romaine qui se dérobe parce que ses performances sportives sont inversement proportionnelles à ses performances amoureuses et un vieillard qui s’évertue à vivre l’été en hiver, Jane fait son apprentissage. Ce roman décrit la répulsion-fascination qu’une jeune fille peut ressentir devant les manifestations de la vieillesse : et c’est avec une froideur d’entomologiste que Jane observe Bertin. Nul attendrissement dans cette insolite éducation sentimentale où la verdeur du vocabulaire alterne avec un langage des plus classiques : celui des états d’âme.

Blandine de Caunes, vous êtes l’auteure de L’Involontaire, un roman paru en 1976, réédité cette année. Pourquoi avoir souhaité rééditer votre roman L’Involontaire aujourd’hui ?
Daniel Arsand, mon éditeur a relu mon roman et l’a trouvé très contemporain, il m’a donc suggéré de le rééditer car il pensait qu’il trouverait son public près de 40 ans plus tard. Au début, j’ai trouvé cela assez bizarre, il est vrai qu’il est peu commun de rééditer le roman d’un auteur, surtout vivant. Je l’ai ensuite moi-même relu et sans prétention aucune je l’ai trouvé bien écrit et adapté à notre époque.

En vous replongeant dans vos écrits, quelle a été votre première réaction ?
Je me suis dit que L’Involontaire était un roman terriblement moderne. J’ai par la suite eu beaucoup de témoignages de jeunes femmes qui l’avaient trouvé très osé à l’époque et qui aujourd’hui l’on apprécié à sa juste valeur. Je n’ai jamais réécrit de roman depuis celui-ci et depuis sa sortie en 2015 je compte bien m’y remettre et je verrai à ce moment là si mon écriture a évolué ainsi que ma façon d’aborder les thématiques de la vie.

Finalement, l’écriture n’a jamais quitté votre vie ?
Je n’avais pas d’intention particulière en écrivant ce roman, j’ai été éduquée au sein d’une famille passionnée d’écriture et cette envie d’écrire m’est venue comme une impulsion. J’ai écrit ce roman par petits morceaux au départ et au bout de deux ans je me suis prise au jeu et j’ai vraiment pris plaisir à l’écrire. Je pense de plus en plus à reprendre la plume depuis cette réédition, cela mûrit au fond de moi, rien n’est encore construit, mais quelque chose verra le jour, c’est certain.

Marine Astor