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Matt Pokora, Linterview !

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Ce beau Strasbourgeois tatoué au sou-rire carnassier, s’apprête à faire une grande tournée qui passera bien sûr par chez nous*.

Avant que vous n’alliez le découvrir sur scène, nous l’avons rencontré pour vous, lecteurs… et surtout lectrices qui nous reprochez de faire la part trop belle aux femmes !Matt, c’est un garçon d’abord tout simple, qui n’a pas, comme certain “la grosse tête” et qui a aussi du recul par rapport à ce métier qui fait des stars 32 aussi vitequ’il les défait. Il sait que rien n’est jamais définitivement acquis et ne l’oublie pas.

Lorsqu’on débute une carrière avec une télé-réalité et de plus avec un boys band, est-ce que ça booste une carrière solo ou est-ce que ça la freine ?

J’aurais tendance à dire : les deux ! C’est vrai que pour un artiste, c’est une formation accélérée à tous les niveaux mais après, l’étiquette est là et ça n’est pas des plus faciles à décoller.Les gens ont des idées toutes faites et il faut donc prouver deux fois plus de ce dont on est capable. Il est facile aux gens de dire : “Il a du succès parce qu’il a fait ça…” et aussi facile, si ça ne marche pas, de dire : “c’est normal, vu d’où il vient…”. Donc il faut se battre et c’est un sacré challenge.

Dans ce nouvel album “A la pour-suite du bonheur”, on découvre un chanteur plus sensible, plus mélancolique… Plus mûr peut-être ?

Oui bien sûr et je dirais : forcément. J’avais 18 ans lorsque j’ai commencé, j’en ai 27. La vie m’a fait automatique-ment évoluer et avec moi, mes chansons ont évolué. Je me suis ouvert à beaucoup de choses, j’ai vécu plein d’expériences,j’aborde d’autres thèmes

 

D’abord,comment doit-on t’appe-ler : M.Pokora, M (il y en a déjà un !), Matt ?

Matt, bien sûr !

OK pour Matt… Et Pokora, d’où cela vient-il ?

Du polonais et ça veut dire humilité. Lorsque j’ai décidé de faire mon premier tatouage, j’ai voulu écrire le mot “humilité” sur mon bras, mais en polonais, pour deux raisons : parce que c’est une valeur qu’il faut toujours gar-der en tête, surtout lorsqu’on fait ce métier et qu’on a du succès et puis pour honorer ma grand-mère qui est plus graves. Cette évolution est en moi et donc elle est visible dans ce que je suis devenu et ce que je fais.

On y découvre des gens comme Corneille, Soprano, Frédéric Château, Matthieu Mendès… Est-ce toi qui es allé les chercher ?

Pour la plupart c’étaient des gens que je connaissais donc c’était facile de les approcher. Pour Matthieu c’est mon mentor qui m’a conseillé de le rencon-trer pensant qu’il y avait quelque chose à faire ensemble. Nous sommes partis trois jours en session à Toulouse et de cette rencontre sont nées quatre chansons. Mais je n’ai pas peur d’aller vers les gens que j’aime, ça encore c’est un challenge car je ne risque qu’un refus…

Et l’on s’en remet ! C’est aussi un challenge des deux côtés car certains n’imaginaient pas pouvoir travailleravec moi… Et lorsque ça se fait, tout le monde est gagnant.

Parlons de ce disque en anglais, gros succès dans plein de pays, semi-succès en France… Etait-ce trop tôt ?

Lorsqu’on te propose de faire un disque en anglais qui sera distribué dans 30 pays, tu ne peux pas refuser ce challenge… encore une fois !

Je venais de cartonner avec mon disque précédent, je venais de remplir les Zéniths en tournée… Il était normal que je trouve un nouvel objectif. Mais le public français n’était pas prêt à ce que je chante en anglais. Malgré tout le challenge est réussi et je suis fier de ce disque.

As-tu eu peur pour ta carrière, à ce moment-là ?

Non, pas vraiment mais cette incom-préhension du public français (car ça a marché ailleurs !) m’a fait me remettre en question. Il y a eu, c’est vrai, une période de doute, ça m’a touché mais je n’ai pas baissé les bras pour autant. De toutes façons, aujourd’hui il faut être lucide : il y a quelques années, le public était fidèle à ses artistes. La nouvelle génération n’agit plus comme avant…

Pourquoi ?

Mais parce qu’aujourd’hui nous sommes dans une société de consommation, il n’y a plus ce lien fort, cet affect avec les artistes, il y a beaucoup plus de concurrence et, avec tous les moyens de communication, un artiste devient vite “gavant” car le public le voit tout va beaucoup plus vite… Il faut donc toujours trouver quelque chose pour surprendre le public.

Comme “Danse avec les stars” ?

Oui et là encore, c’était un énorme challenge puisque je m’engageais d’abord dans une émission nouvelle qui n’avait pas fait ses preuves et que l’on ne m’attendait pas dans ce rôle de danseur. J’ai donc pris des risques car ça aurait pu se planter et moi avec. Mais au contraire, ça m’a offert plein d’ouvertures, ça m’a donné un autre élan. Et puis quand même, la danse ça fait partie de moi, c’est mon univers et j’étais curieux de découvrir tout ça. C’est le show !

J’ai l’impression qu’avec cette émission, ton public s’est élargi ? Evidemment car les gens m’ont vu autrement. Cette émission a montré mon évolution. Je n’avais plus 20 ans, j’avais mûri, j’avais d’autres envies et le public l’a compris.

Autre challenge : chanter Dalida à “Chabada”… Là encore, ça en a surpris plus d’un ?

Et pourquoi pas ? Ça fait partie des choses que j’aime faire. D’abord c’était rendre hommage à une grande dame que j’admire et puis ça a montré que je pouvais chanter plein d’autres choses, dans des registres différents.

Qu’écoutais-tu lorsque tu étais enfant ?

D’abord ce qu’écoutait mon père : Goldman, Dire Straits, Genesis, Clapton. Et puis, j’ai très vite été fan de Michaël Jackson… C’est lui qui m’a donné envie de faire ce métier.

A propos de Goldman, c’est pour cela que tu as enregistré “A nos actes manqués” ?

Oui, en souvenir de ce que cette chanson m’évoque et que j’ai toujours adorée. Goldman fait partie de ma vie et c’était aussi une façon de lui rendre hommage en reprenant cette chanson, en la modernisant sans la dénaturer et en la faisant connaître à une nouvelle génération.

Te voilà donc en tournée ?

Oui, jusqu’au 16 décembre où je terminerai à Bercy.Je suis très heureux de cette tournée qui restera pour moi, je pense, une référence depuis les débuts de ma carrière. Tout a été mis en place pour que le show soit magni-fique et ça marche très fort… C’est ce que j’attendais depuis longtemps !”

 

Propos recueillis par Jacques Brachet