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Regonflé comme une crêpe, Fabrice Sailet

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“Le malheur est le père du bonheur de demain”. Une phrase d’Albert Cohen remise au goût du jour par Fabrice Sailet. Si sa crêperie a été vandalisée lors d’une manifestation en décembre, un élan de solidarité lui a permis de rouvrir rapidement. Côté mer, il a agrandi son deuxième restaurant : “The 7th Avenue”. Depuis, il clame toujours plus fort sa devise : “la vie est une fête”.

Vous vous êtes rapidement relevé du saccage de votre crêperie avant noël. Que retenez-vous de ces évènements ?
L’humain est capable du pire mais il peut être très bon. Nous avons reçu énormément de messages de soutien sur Facebook. Des gens sont venus nous voir, presque balai à la main, pour nous aider. La crêperie n’est restée fermée que sept jours, en partie grâce à la mobilisation des clients et de ces anonymes pleins de bienveillance. Le directeur d’Auchan nous a permis d’utiliser l’intérieur de la galerie en guise de terrasse. On remercie également les employés du supermarché qui ont proposé leur aide. Des habitués comme des passants ont écrit des petits mots sur la palissade provisoire. Nous les avons pris en photo. Ils seront bientôt encadrés dans le restaurant.

Ces évènements n’ont pas terni vos projets. Qu’avez-vous prévu pour votre autre restaurant, “The 7th Avenue” ?
Il est tout neuf. Nous l’avons rénové à notre goût pour pouvoir accueillir encore mieux nos clients. Cet établissement est un peu né du hasard. Je cherchais un petit restaurant “d’ami”. On est passés à côté d’autres occasions, puis j’ai entendu parler de ce resto. Ma femme est tombée amoureuse du coin. Au départ on a gardé le concept. Plutôt des wraps et des burgers. Petit à petit, on a ajouté nos plats. Depuis l’ouverture, il est vraiment à notre image avec nos plats “faits maison” et nos petites touches. Quand on l’a repris, les commandes se faisaient sur tablette. Je trouve ça très impersonnel. Je préfère être face au client avec mon écriture dégueulasse de médecin. Le petit plus pour moi, c’est de rajouter certains arrivages pour faire plaisir aux clients. Par exemple des couteaux, du sanglier, etc.

Ces deux restaurants ne sont pas vos premiers bijoux. Racontez-nous.
Ma famille est au cœur de tout cela. J’ai acheté mes premières affaires avec mon frère. Aujourd’hui, je travaille avec ma femme. Je suis passé d’une avant boîte à Bandol à un bar de quartier au Pont du Las en passant par une brasserie à La Rode. Maintenant, on jongle entre notre crêperie du centre commercial Auchan et notre restaurant de Saint Elme. J’ai eu l’immense bonheur d’apprendre que ma fille souhaite rejoindre l’aventure. Ce métier reste ma passion. Je me levais même dans la nuit en pensant à des plats. J’envoyais immédiatement des idées au chef, il était content en pleine nuit (rires). Je ne saurais même pas vous dire combien de fois je me suis assis à table pour manger avec des clients. Certains me serrent la main en arrivant et me font la bise en partant.

Propos recueillis par Laura Berlioz

The 7th Avenue
11, avenue de la Jetée
83500 La Seyne-sur-Mer

La Crêpe
Centre Commercial Auchan
83500 La Seyne-sur-Mer

Retrouvez l’interview de Fabrice Sailet sur notre chaîne Youtube : LIMPACT TV