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Sandra Filippi, Une vie très danse

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Il y a 15 ans, Sandra Filippi créait Funky Dinamix, la première école de hip hop du Var, à Sanary. Retour sur le parcours de cette danseuse née et des projets qu’elle mûrit pour son art.

Depuis toujours, Sandra Filippi danse. D’abord dans les rues du quartier de La Ciotat où elle a grandi, puis dans le Var et dans le monde entier. Formée au classique et au contemporain, elle découvre le hip hop dans les années 80, se l’approprie et se forme pour devenir danseuse, contre l’avis de ses parents. Comme elle a bien fait !

Pourquoi avoir créé cette école de danse hip hop, Funky Dinamix ?
Danser, j’ai toujours eu ça en moi. Alors, pendant des années, j’ai dansé pour le plaisir, en travaillant à côté pour pouvoir manger. Au départ, je ne savais pas que j’en ferai mon métier. J’étais danseuse freelance et je dansais là où on avaitbesoin de moi. Mais enseigner, transmettre aux enfants, j’ai toujours voulu faire ça. J’ai longtemps été intervenante dans les écoles où j’ai développé des projets pédagogiques. Puis, en 2000, mon amie Annick Martin m’a proposée de créer cette école et j’ai accepté. J’ai la chance d’être entourée de professeurs très pros dans leur spécialité, que ce soit le hip-hop, le break dance, le popping… Et de bénéficier d’une très belle salle à Sanary, ilot des Picotères. Avec mon collectif de danseurs, Class’Urbaine, je propose aussi des cours à Ollioules, au complexe Piemontesi.

Ecole de Danse Funky Dinamix à Sanary - Limpact

Elle connaît le même succès depuis 15 ans ?
A l’époque, Funky Dinamix apportait quelque chose de nouveau, loin du modern jazz, et ça a tout de suite marché. Chaque année, l’école accueille deux cents élèves. Et parmi eux, certains ont monté des groupes comme le Freedom Dance Crew, plusieurs fois champion de France, 3e au Hip Hop International et même sélectionné au World of Dance. Je suis leur chorégraphe, leur coach et leur plus grande admiratrice ! Je vais également lancer un concours international de mega crew [groupe de plusieurs dizaines de danseurs sur scène, ndlr] que je vais l’appeler le Mega Crew Dance World. L’idée est d’inciter toutes les écoles de danse à monter leur propre mega crew et à venir se confronter, en avril prochain, au théâtre Galli de Sanary.

C’est donc autour de cette école que tournent tous vos projets ?
Chez Funky Dinamix, j’ai vu grandir humainement et techniquement ceux que j’appelle « mes enfants », moi qui n’ai eu le temps d’avoir qu’une fille… Alors, ces enfants, qui sont aujourd’hui des jeunes adultes, je leur ai proposé de monter une compagnie et treize d’entre eux ont accepté de me suivre.
Certaines personnes rêvent de s’acheter une voiture, moi je rêvais de m’acheter une compagnie de danse ! C’est une manière d’assouvir ma soif de créativité. Je l’ai appelé Sandra Danse, tout simplement.
Ensemble, nous avons déjà monté deux créations, « Trafic H » et « eVe », qui ont été présentées sur plusieurs scènes. De nombreuses vidéos tournent sur Youtube. Mais la compagnie en est encore à ses balbutiements et j’espère qu’elle sera invitée à se produire dans de nombreux théâtres !

Ecole de Danse Funky Dinamix à Sanary - Limpact

Pour vous danser, c’est surtout pour se produire sur scène ?
Oui. En dansant, on cherche évidemment à faire passer des émotions et aussi des messages. C’est pour ça que la recherche chorégraphique et musicale est très importante dans mon travail de création. J’ai même inventé ce que j’ai appelé le New concept, un style mêlant contemporain et hip hop, très féminin, basé sur les émotions et qui lève toutes les barrières : tout ce qu’on ressent à l’intérieur s’exprime par le mouvement. La base de mon travail, que l’on retrouve dans mes cours comme dans ma compagnie, peut se résumer par : ce n’est pas la musique qui vous fait danser, mais c’est vous qui faites danser la musique !

Mais, vous, Sandra Filippi, vous dansez toujours ?
C’est sûr que l’enseignement et la création ne me laissent pas beaucoup de temps car ça demande énormément, énormément de travail. Dès que je peux, je participe à des stages réunissant le top du top du hip hop, en Europe et aussi aux Etats-Unis, avec de grands noms de la danse dont le travail m’inspire comme Mariel Martin, Mariel Madrid… C’est grâce à ce réseau que je peux faire venir dans mon école des stars comme le chorégraphe Robert Hoffman ou encore Adam Sevani, le « Moose » des films Sexy Dance. Les ados en sont fans !
Mais je reste avant tout une danseuse et je continue à apprendre et à me nourrir de mes voyages, de mes rencontres. Si je ne dansais plus, comment faire danser les autres ?

Sandrine Gauthier

Sandra Filippi – 06 63 98 17 25
www.funky-dinamix.fr