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Sport & Handicap : les valides sont-il des handicapés ?

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Les Jeux Olympiques et paralympiques d’été à Londres étaient à peine terminés, que des athlètes valides ont contesté les prothèses utilisées par le sud-africain Oscar Pistorius.
La jalousie et la bêtise humaine sont ressorties de cette contestation. Faut-il couper les jambes aux coureurs éliminés, pour qu’ils soient satisfaits ou, alors que l’intégration est dans l’air du temps, doit-on dire aux athlètes handicapés : « reste jouer avec tes copains, tu nous fais de l’ombre ». La coupe est pleine !

Oscar Pistorius

Le buzz de l’été
Oscar Pistorius, un athlète sud-africain amputé des deux jambes et équipée de deux prothèses en forme de lames, a réussi à accéder aux demi-finales du 200m. Une performance remarquable qui a suscité la jalousie, à tel point que certains athlètes ont exprimé leur désaccord face à ce matériel, qui soi-disant donnait un avantage à l’athlète handicapé. Ce qui a été choquant dans cette affaire, c’est de voir, que pour une fois qu’un sportif handicapé pouvait lutter à armes égales, ses ‘collègues’, dépassés par ce vrai sportif, ont voulu s’en débarrasser.

Petit retour explicatif
Le mouvement paralympique est né en Angleterre, d’une initiative du docteur Ludwig Guttmann, à Stoke Mandeville en 1948. Il y avait organisé des Jeux pour ses patients handicapés de guerre.
Dans les Jeux Olympiques classiques, la quasi-totalité des nations (204) se sont mesuré au travers 10 500 athlètes, dans 26 disciplines différents et 302 épreuves. Lors des jeux paralympiques, ils ont été 4200 athlètes représentant 164 pays, dans 20 catégories sportives.
Hormis Oscar Pistorius, un autre athlète handicapé a participé aux jeux valides 2012 : la pongiste polonaise Natalia Partyka (née sans avant-bras droit). Il ne s’agit pas d’une première, puisque Natalia Partyka et la nageuse sud-africaine Natalie du Toit avaient déjà participé aux Jeux Olympiques en 2008.

Quel futur ?
A l’heure actuelle, si l’envie de faire des jeux uniques existe depuis longtemps, la réalisation de cet objectif semble difficile pour de nombreuses raisons. La modification dans l’air du temps consisterait à faire une cérémonie unique suivie des jeux paralympiques qui précéderaient les Jeux Olympiques, comme un apéritif ou une mise en bouche.
Concernant les évolutions techniques des prothèses, dans le cas d’Oscar Pistorius, on s’est rendu compte que ses démarrages étaient plutôt lents, mais qu’ensuite il avait une vitesse impressionnante.
La morale de cette histoire est que nous sommes tous différents et il serait dommage d’être jaloux des avantages des autres, sans penser à leurs désavantages. Mais la nature humaine est ainsi faite.

Pascal Hermer
Crédit photos : Photographes officiels : Grégory Picout, Benjamin Loyseau, Didier Echelard
Contributeurs : Thierry Quehen, Florent Pervillé.