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Yves Pujol : et zou !

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Il y a 20 ans, j’ai été convié à un “Aïoli monstre” en bord de mer.
Adorant ce plat mythique méditerranéen, en fait de dégustation, je me suis retrouvé avec une troupe d’énergumènes déjantés, vêtus comme au carnaval, à l’accent à couper au couteau et chantant des chansons totalement folles, coquines, bien ensoleillées et avec eux, l’on se retrouvait au bon temps du music-hall que quelques-uns de nos “pays” avaient mis à la mode comme Scotto, Raimu, Fernandel, Andrex et quelques autres.
C’était quelquefois légèrement outré mais avec la pointe d’ail, tout passait.
Ainsi était né le groupe Aïoli, mené par le plus déjanté de tous : Yves Pujol.
Le petit Toulonnais a fait son chemin et s’il a pris quelques chemins de traverse, il a gagné partout où il est passé : chanson, théâtre, radio, télé, opérette, one-man-show… Avec, comme il aime à dire, “l’âge de raisin”, le voici fêtant déjà ces 20 ans d’une carrière pas banale.
Ça se fera le 16 juin au Zénith de Toulon.
Rencontre avec notre trublion provençal.

“Yves, 20 ans… le bilan ?
D’abord, je dois t’avouer que je n’ai pas vu le temps passer. Il me semble que c’était hier. Et je dois dire que je me suis bien amusé. Si je fais le bilan c’est 20 ans d’Aïoli, 2 one-man-show, 2 pièces de théâtre, un passage à l’opéra, de petits rôles à la télé, des émissions de radio et de télé… Une vie déjà bien remplie et ce n’est pas fini… Du moins je l’espère !

Alors, raconte-moi la genèse de ce groupe mythique !
Il est né de l’envie de travailler en totale liberté. J’étais alors prisonnier d’un orchestre où je chantais tout et n’importe quoi mais fallait bien vivre ! Un jour, j’ai eu envie de me faire plaisir et, en marge de l’orchestre, nous avons créé le groupe. Très vite nous avons écrit nos propres chansons, entrecoupées de sketches. La mayonnaise a pris et on a très vite tourné partout… Jusqu’à 300 concerts par an. Entendant parler du phénomène, Sony a pointé son nez et nous avons enregistré deux disques qui se sont vendus à 75.000 exemplaires, ce qui n’est pas si mal pour des “régionaux”.

Justement, avec cette connotation provençale, ça ne t’a pas gêné pour faire une carrière nationale ?
Oui, ça a certainement été un frein car, voici 20 ans, c’était un peu difficile. Depuis, ça a changé avec l’arrivée des Bosso, Titoff, Mado, les Chevaliers du Fiel… Mais ça ne m’a pas vraiment gêné d’être considéré comme un “artiste local”. J’aime à dire que je suis mondialement connu… dans le Var ! C’est déjà ça et ça suffit à mon bonheur. Ce qui d’ailleurs ne m’a pas empêché de travailler dans les cabarets parisiens, à la radio, à la télé… Je suis toujours là ! Et avec Aïoli, on est toujours là aussi.

yves pujol, 20 ans d'aïoli

Es-tu toujours avec l’équipe des débuts ?
Non, il y en a eu trois. A part moi qui reste inamovible, ça a changé à peu près tous les six, sept ans. D’abord parce que j’ai souvent arrêté pour faire autre chose et parce que, dans le groupe, il n’y a pas de contrat. On est libre de venir et de repartir, car je comprends très bien qu’on ait envie de varier les plaisirs. Chez nous, c’est l’auberge espagnole !

Comment t’est venue l’idée du one-man-show ?
Tout naturellement. A force d’ajouter des sketches dans le spectacle, j’ai fini par me dire que je pouvais monter un spectacle rien qu’avec eux. Sur ce, j’ai alors rencontré Wolinski avec lequel j’ai monté mon premier one-man-show “J’adore ma femme”, mis en scène par Patrick Sébastien. Ça a marché. Du coup il y a eu “Le Toulonnais”, écrit avec Eric Carrière, le grand des Chevaliers du Fiel.
Et on te retrouve à l’Opéra de Toulon !
Ça aussi, ça a été une belle aventure. Me retrouver dans “La belle Hélène” d’Offenbach… qui l’eut cru ? Je me suis régalé et c’est grâce à Claude-Henri Bonnet, directeur de l’Opéra. Malheureusement, il n’y a plus beaucoup d’opérettes aujourd’hui. Mais dès qu’il s’en pointe une, je postule.

Alors du “one” tu passe à “three”, si je puis dire avec “Une pizza pour deux” de l’ami Roucas ?
Là encore, belle aventure. Nous nous sommes croisés dans des cabarets comme le Don Camillo ou les 2 ânes, à Paris. Nous nous sommes entendus et nous avons décidé de travailler ensemble. La pièce a tellement bien marché que nous en avons fait une deuxième : “Le secret de l’Abbé Taillère”. On retravaillera ensemble. Et puis, se retrouver avec des comédiens c’est une respiration. Il semble qu’on fait autre chose en faisant le même métier.

En définitive, aujourd’hui, es-tu plus à Paris ou à Toulon ?
L’hiver c’est 70% de mon temps à Paris, l’été ça s’inverse. On est obligé d’être à Paris car il y a plein d’ouvertures. Et puis, en dehors de “Rires et chansons” que j’anime tous les matins, je suis souvent aux “Grosses Têtes”, je fais souvent des télés avec Sébastien Cauet, Drucker, Hanouna…

Bon, si nous parlions de cet anniversaire ?
Il va se faire au Zénith Oméga à Toulon le 16 juin. C’était prévu à l’Opéra mais en trois mois on a vendu 700 places. Du coup on a eu peur de refuser du monde et on est parti sur le Zénith. Bien nous en a pris puisqu’on est aujourd’hui à 1800 places.
On n’a pas tous les jours 20 ans !

Yves Pujol

Peut-on dévoiler ce qui va se passer ?
Certaines choses oui. Il y aura plus de 15 musiciens sur scène, des chansons, des sketches, des vidéos, des invités surprises, des amis du RCT qui est partie prenante… en espérant qu’il viendront avec le bouclier. Par contre les amis artistes qui ont dit oui, je préfère les annoncer au dernier moment car il y a toujours des impondérables et je ne voudrais pas que les gens soient déçus.

Après tout ce que tu as fait, as-tu encore des envies non réalisées ?
Tu sais, je fais les choses avec plaisir, lorsqu’on me propose quelque chose qui me donne envie de la faire. Je reste ouvert et je continue ma route avec ce que je sais et aime faire.

Et le cinéma ?
Je ne te dis pas que ça ne me ferait pas plaisir d’avoir un rôle comique sympa, même si c’est un second rôle. Mais pour ça, il faut du temps, c’est un travail à part entière et ce n’est – du moins pour le moment – pas compatible avec mon emploi du temps. Je prends donc les choses comme elles se présentent et selon mes envies. C’est ça la liberté !”

Propos recueillis par Jacques Brachet