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Arlette Aguillon, entre littérature et oliviers

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Elle nous déjà donné quelques beaux romans qui s’appuient sur la Provence et l’Histoire, domaines qu’elle adore, les histoires de tous les jours, avec une petite prédilection sur les choses du sexe… En effet, certains de ses romans comme « Rue Paradis » ou cette saga qu’elle nous a offert cette année sous la forme de cinq romans intitulés “Vincent gentilhomme galant” (Ed l’Archipel), sont très libertins.
Vincent est un tout jeune paysan provençal qui vit sa jeunesse sous la Révolution et qui, au cours de son histoire, en parallèle avec la grande Histoire, va perdre sa virginité et quelques idées reçues mais y découvrira l’amour et le sexe, qu’il appréciera autant que l’art de la guerre, des intrigues… En fait, une éducation sentimentale et sexuelle doublée d’une éducation de meneur et l’on peut dire qu’il saura apprécier et utiliser les deux.
Un roman très picaresque, très haut en couleur, très osé – surtout pour une femme, diront certains ! – très drôle et aussi très documenté historiquement puisque l’histoire entre… comme un gant, dans l’Histoire de la région.
C’est vif, c’est fou, c’est libertin en diable.
C’est du Aguillon 100% pur sucre.

Arlette, cinq romans – et pas des plus minces ! – en un an… Qu’est-ce qui t’a pris ? Comment as-tu pu faire ça ?
(Grand rire ensoleillé) Attends… Tu ne penses pas que j’ai pu écrire tout ça en un an ? C’est 20 ans de ma vie. Entre temps j’ai écrit d’autres romans mais lorsque j’ai créé Vincent, je voulais aller jusqu’au bout de son histoire. Seulement, je n’en voyais pas la fin. Alors, je le mettais de côté pour écrire autre chose, j’y revenais et j’en suis enfin arrivée à bout.
Après ça, j’avais de quoi faire cinq tomes et c’est mon éditeur qui m’a suggéré d’en sortir un tous les deux mois. Je crois que, dans le genre, j’innove !

N’as-tu pas peur que le public ne suive pas… financièrement surtout ?
Si, j’ai eu peur de ça mais lorsque je fais des salons comme la Fête du Livre de Toulon, mes lecteurs viennent me voir et me disent : “Alors, la suite, quand sort-elle ?”. Je crois que s’ils se sont attachés à Vincent et à son histoire, ils ne veulent plus le lâcher et attendent la suite avec impatience.

Alors raconte-nous cette saga.
Eh bien, je voulais écrire qui se passe sous la Révolution car c’est une époque bouillonnante, il y a beaucoup à dire dessus et il y a peu de personnages, dans la littérature, qui vivent dans cette période. Alors j’ai choisi de faire découvrir, d’abord la Provence, le Vaucluse, le Var et aussi Toulon à cette époque à travers l’histoire de Vincent. Histoire qui l’emmènera aussi en Angleterre, à Venise, en Egypte, au Soudan…

Avec beaucoup de libertinage…
Oui d’abord parce que j’aime ça et surtout, je voulais explorer LA liberté dans tous ses états, donc ça englobe une liberté sexuelle à une période où les mœurs sont encore un peu coincées. Et puis ça aère une histoire dense faite de passion, de guerres, d’intrigues et de violence aussi.

Arlette, pourquoi écris-tu ?
(Re-rires) Mais parce que c’est un besoin. ça vient certainement du fait que j’ai toujours beaucoup lu puis, parce que, durant 30 ans d’enseignement, j’ai beaucoup parlé. Mais je crois que si l’on aime lire, un jour, on a envie d’écrire… ce que j’ai fait, ce que je fais… entre deux tailles d’oliviers et le ramassage de mes fruits !

Propos recueillis par Jacques Brachet