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Enrico Macias, Une vie de générosité

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76 ans, 52 ans de carrière derrière lui et une vie tournée autour du partage et de la générosité, un artiste complet qui a traversé le temps et les générations, on ne présente plus Enrico Macias, une personne en or diront certains, un artiste indémodable diront les autres. Ce grand Monsieur nous fait le plaisir de remonter sur scène pour chanter une énième fois son répertoire et bien plus encore… On ne s’en lasse jamais.

« Le mendiant de l’amour », « Les filles de mon pays », « Enfants de tous pays », petits et grands ont fredonné ces chansons populaires tant de fois, si chacun a bien grandit depuis, Enrico Macias, lui n’a pas changé, il reste celui qui rassemble, celui qui aime et partage infiniment, un artiste de tous les temps, aux influences orientales suivi de près par un public fidèle depuis plusieurs décennies. Un seul mot me vient : respect.

Quelle est la recette magique pour garder un public fidèle depuis 52 ans ?
Je n’ai pas de recette, j’ai simplement une chance inouïe, un privilège d’avoir duré autant de temps, d’être encore à mon âge en haut de l’affiche, de me lever tous les matins en continuant à faire ce que j’aime plus que tout, bien plus qu’un métier, une passion, la musique. Au début de ma carrière, j’avais un grand regret qui était que les enfants ne venaient pas me voir en spectacle, mon public commençait avec des personnes âgées de 25 ans mais pas plus jeune, peut-être étaient-ils intéressés par d’autres chanteurs, je ne sais pas, aujourd’hui les jeunes viennent de plus en plus vers mois, ils découvrent mes chansons et viennent me voir sur scène, j’ai la chance d’avoir un public très large.

Pensez-vous que votre authenticité et votre sincérité vous ont aidé à vous inscrire dans la durée ?
Je pense que l’on peut essayer de tromper le public pendant un temps très infime, mais sûrement pas pendant 52 ans ! Ma sincérité, mes convictions, les idées que je véhicule sont partagés par beaucoup il me semble, c’est ça le secret d’une carrière durable.

Enrico Macias - Limpact

Quel artiste de la nouvelle génération vous touche particulièrement ?
Il y a une artiste féminine que j’adore c’est Indila, son style me touche, c’est drôle, il me semble que je m’écoute moi à mes débuts, j’aurais adoré écrire ses chansons, je suis persuadé qu’elle aura une grande carrière, en tout cas je lui souhaite.

Vous êtes un artiste à messages, aujourd’hui encore, quelles convictions vous animent ?
Rien ne m’arrête, même si j’ai vécu des drames, des tragédies qui contrarient mon idéologie, je ne baisserais jamais les bras, je continuerais jusqu’à mon dernier souffle, lorsque les gens comprendront qu’à force de vouloir détruire le monde il ne restera plus rien, j’espère être encore là.

Y a-t-il un souvenir de votre vie que vous aimeriez nous faire partager ?
Ma rencontre avec le président égyptien Anouar El-Sadate m’a bouleversé, quand je l’ai vu fouler le sol d’Israël j’ai eu les larmes aux yeux, je suis certain que maintenant ou peut-être plus tard nous comprendrons son message de paix.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter de plus ?
Je commence à trouver la paix dans mon cœur depuis la disparition de mon épouse, j’ai simplement envie de continuer encore très longtemps à vivre cette passion que j’ai pour le public, pour la chanson, de me réveiller le matin et me dire que je vais chanter, faire des répétitions, rencontrer les gens, voilà ce qu’on peut me souhaiter.

Propos recueillis par Marine Astor
Crédit photo : Benjamin Marciano