Accueil Articles [Articles] block 2 Gérarld Dahan – Tombe les masques

Gérarld Dahan – Tombe les masques

60

One man shows, imitations, canulars téléphoniques, Gérald Dahan et son humour corrosif ont déjà fait de nombreuses victimes auprès des politiques et autres personnalités publiques, de François Hollande à Manuel Valls, de DSK à Patrick Bruel, Pierre Palmade ou encore Gérard Depardieu, personne n’échappe à ses filets.

Sur scène, au Théâtre du Petit Montparnasse à Paris, Gérald Dahan tombe les masques et vous propose de partager avec lui les coulisses de ses meilleurs canulars, entre rires, moqueries et imitations virulentes. Souvenez-vous, en 2005, il se fait passer pour Jacques Chirac pour convaincre par téléphone Zinedine Zidane de lui faire mettre la main sur le cœur, lui et ses coéquipiers, lors du chant de la Marseillaise avant le match de qualification pour la Coupe du Monde de Football de 2006. Le canular fonctionne à merveille et Gérald Dahan est relayé par les médias français et étrangers. Grâce à de simples coups de téléphone, il arrive à déceler la vraie personnalité des hommes politiques et se montre excellent dans l’art de l’imitation.
Emissions de télévision et de radio à la pelle, spectacles et canulars en pagaille, Gérald Dahan est un bon vivant qui ne mâche pas ses mots, il amuse la galerie, fait rire aux éclats, divertit petits et grands et est heureux de partager avec son public chaque soir l’actualité du moment, qu’il scrute avec attention, pour vous ressortir le petit détail qu’il ne fallait surtout pas louper. Pour la première fois, il livre les coulisses de ses canulars dans un livre intitulé « Gérald Dahan tombe les masques », entre confessions, préparation, imprévus, tout est dit, sans langue de bois.

D’où vous est venue cette idée de faire des canulars aux personnalités ?
J’ai toujours aimé l’imitation, mais l’idée de faire des canulars à des personnalités est venue de Laurent Ruquier. Au départ je faisais ces canulars à la radio, c’était très drôle de les piéger et au fur et à mesure je me suis dit que ce serait encore plus intéressant de piéger les personnes qui gouvernent, l’enjeu était tout autre… Les politiques font tout pour prôner la transparence, je voulais mettre en lumière ce qu’ils essayent de nous cacher, contrairement aux artistes qui se livrent à cœur ouvert, les politiques sont plus difficiles à cerner.
Savoir qui ment, qui ne ment pas, c’était l’idée.

Aujourd’hui, vous jouez ces canulars devant un public, comment parvenez-vous à les retranscrire sur scène ?
Il y a plusieurs manières de les retranscrire. Tout d’abord en les racontant, en imitant les voix au fil de la narration et puis il y a le fait de reprendre les enregistrements originaux et de rejouer mes parties en direct, il s’agit de restituer la conversation comme si elle se déroulait sous les yeux du public. Jouer mes canulars sur scène est venu d’une frustration, je ne savais pas à quel moment les gens riaient, je ne voyais pas leur réaction, finalement cela marche très bien tout comme un sketch. Je suis un artiste de scène à la base, mes canulars sont une partie du spectacle où je joins l’utile à l’agréable, ensuite il y a des chansons, des danses, de la musique, de la comédie et une interaction avec le public chaque soir.

Justement, dans votre spectacle le public joue un rôle important, il choisit certaines de vos chansons et imitations, c’est un nouveau challenge chaque soir pour vous ?
Oui, j’aime faire participer le public à mes imitations, dans le spectacle je leur demande de choisir les chansons qu’ils veulent que je reprenne, il y a les grands standards qui reviennent presque chaque soir mais il y a aussi de vraies surprises, c’est un challenge qui me plaît énormément.

Qu’est-ce que le public vous demande le plus ?
En général, le public demande les légendes aux longues carrières, les chanteurs disparus car il y a cette espèce de magie de les faire revivre le temps d’une chanson. Les noms qui reviennent le plus souvent sont Jacques Brel, Yves Montand, Frank Sinatra.

Comment vous préparez-vous avant un spectacle ?
Tout dépend de l’actualité, j’essaye de m’adapter au plus près de ce qu’il se passe au moment présent, le public adore ça, je crois même qu’il vient un peu pour ça. En ce moment il y a de la matière, j’écris et je modifie jusqu’au dernier moment, ensuite j’apprends le texte et je le joue en direct. C’est Laurent Ruquier qui m’a donné le goût du renouvellement quotidien, à la radio, on écrit, on met à la poubelle, on recommence et certains textes ne sont jamais utilisés, c’est parfois frustrant. Suivre l’actualité et la retranscrire en direct est un atout supplémentaire dans mon spectacle.

Vous adorez imiter les politiques, nos Présidents n’y ont pas échappé, lequel d’entre eux est le plus facile à imiter ?
Celui qui est en place est toujours celui que je préfère imiter, c’est celui qui est le plus exposé, qui peut commettre le plus d’impairs, celui dont je prends un malin plaisir à me moquer. Dès que la personne est en décalage avec l’image qu’elle pense donner et celle qu’elle renvoie réellement, elle m’inspire.

Y a-t-il un canular qui vous a particulièrement marqué ?
Oui même plusieurs ! Celui qui a changé le cours de ma vie c’est évidemment celui où j’ai piégé l’équipe de France de football en imitant Jacques Chirac lors de la coupe du monde de 2006, en 24h pas moins de 79 journaux en ont parlé. Chaque jour je croise des personnes qui m’en reparlent, je vous assure, c’était la première fois qu’un simple canular avait un tel impact visuel et a changé le cours des choses en direct.

Pensez-vous que l’on doit se fixer certaines limites lorsque l’on imite une personnalité ?
Pour ma part, je ne parle jamais trop de la vie privée des personnes que j’imite, ni même du physique. Ensuite, je ne diffuse pas en direct mes conversations téléphoniques car certaines choses pourraient être dévoilées alors qu’elles sont du domaine privé. Je sais jusqu’où je peux aller pour que le canular reste drôle.

En plus du spectacle, vous sortez le livre « Gérald Dahan Tombe les Masques » aux éditions Broché, dans lequel vous dévoilez les secrets de vos canulars, quelle était votre intention en publiant ce livre ?
Je racontais souvent dans des dîners et sur scène les coulisses de mes canulars et je me suis rendu compte que la manière dont je les préparais, les conséquences heureuses ou malheureuses faisaient rire autant que le canular lui même. L’éditeur est venu vers moi et m’a conseillé de raconter les coulisses, il trouvait cela intéressant et tout aussi drôle. Il est vrai que les plus polémiques sont ceux qui ont retenu l’attention mais beaucoup sont juste drôle par leur situation rocambolesque et peu les connaissent. Dans le livre, tout est décrypté.

L’imitation de femmes dans vos spectacles ne vous attire toujours pas ?
Non je crois que je n’oserais pas. Je n’arrive pas à les ridiculiser, je n’ai pas la voix exacte, cela sonne faux, ce n’est vraiment pas d’actualité…