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Hugues Aufray, Visiteur d’un soir

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Dans son spectacle « Visiteur d’un soir », Hugues Aufray retrace sa vie d’artiste à travers des chansons et des textes personnels, les siens ou ceux des autres et donne à son public l’occasion de le découvrir différemment, intimiste et terriblement humain, un homme sincère, un grand fidèle, le temps de quelques petites explorations dans son univers.

Rencontre avec ce grand monsieur qui a encore beaucoup, beaucoup de maux à nous faire partager…

Pouvez-vous nous raconter l’histoire qui se cache derrière le titre de votre spectacle « Visiteur d’un soir » ?
Quand j’étais petit garçon, j’avais le rêve de rentrer aux Beaux-Arts, de faire de la peinture et de la sculpture mais vous l’aurez remarqué cela ne s’est pas fait et ma carrière a pris une direction complètement différente… J’ai commencé à gagner ma vie en chantant et en jouant de la guitare, en menant une vie de troubadour. En 1943, mes frères et moi étions allés voir un nouveau film de Marcel Carné, intitulé « Les Visiteurs du soir?». Ce film a marqué mon subconscient, je pense que le petit garçon de 13 ans que j’étais qui voit le jeu d’Alain Cuny pour la première fois a sans s’en rendre compte été fasciné par ce personnage, qui m’a suivi toute ma vie.

Votre spectacle est donc une biographie en musique, comment vous est venue l’idée de cette mise en scène ?
Tout au long de mon spectacle je raconte cette histoire et ce qu’a été la vie pendant la guerre. A cette occasion, le public découvre les expériences de ma vie et ma vision du monde, il faut savoir que la moitié du temps est consacré à mes chansons, les anciennes et les nouvelles et l’autre moitié, ce sont des petites explorations dans mon univers. Dans ce spectacle le « Visiteur d’un soir » ce n’est pas moi mais le public que j’invite chez moi pour lui faire découvrir une autre partie de mon histoire.

C’est aussi le moyen de vous dévoiler un peu plus au public ?
Oui, c’est un spectacle autobiographique, intimiste avec seulement deux musiciens sur scène, j’ai voulu recréer une ambiance, je voulais me sentir comme à la maison. Quant à mes paroles, elles ne sont pas là pour changer le monde, je n’ai jamais été un chanteur engagé, je n’attaque pas la société car ce n’est pas mon rôle.

Hugues Aufray, Visiteur d'un soir - Limpact

Dans votre spectacle, les nouvelles chansons feront-elles parties d’un prochain album ?
Effectivement certaines chansons seront celles d’un prochain disque, je n’ai jamais cessé de tourner, il y a des chansons que j’ai enregistrées il y a 10 ans maintenant, qui n’ont pas été diffusées par les médias et que l’on pense nouvelles alors que ce n’est pas le cas, je pense à la chanson « Les enfants d’Abraham » qui a beaucoup de succès dans mon spectacle et qui ne date pourtant pas d’aujourd’hui. Et puis, il y a des reprises, des textes qui ont marqué ma vie, des chanteurs que j’admire à qui j’ai voulu rendre hommage une fois encore. Ce spectacle c’est moi, il me tient beaucoup à cœur.

Après toutes ces années, la musique reste toujours votre moteur de vie, comment l’expliquez-vous ?
La musique est l’art numéro un, comme la danse d’ailleurs, ce sont les seuls arts qui n’ont besoin de rien pour être pratiqués. Nous pouvons jouer de la musique et danser n’importe où, à n’importe quel moment, seul ou accompagné. Vous voyez bien, nous disons « jouer de la musique », la musique est donc bien un jeu, une activité divertissante. Pour moi, un artiste qui décide de prendre sa retraite n’est pas un artiste, cette personne n’a jamais travaillé de sa vie, elle a joué toute sa vie, être un artiste est un jeu. On peut bien sûr améliorer son jeu par le travail mais alors il s’agira d’un exercice, c’est subtil.

Avez-vous un regret, un artiste avec qui vous auriez aimé chanter par exemple ?
Je regrette beaucoup de choses… J’aurais aimé chanter avec Renaud mais cela ne s’est pas fait. C’est quelqu’un que j’apprécie énormément, on se reconnaît, on se comprend, on s’aime beaucoup. Je suis prêt à l’accompagner sur scène à la guitare s’il le souhaite, rien n’est perdu, on peut toujours y croire.

Aujourd’hui, à quoi aspirez-vous ?
Je me suis mis à la sculpture il y a une dizaine d’année maintenant, c’est un rêve d’enfant qui se réalise, c’est grandiose de réussir à faire ce que l’on a toujours eu envie de faire…

Propos recueillis par Marine Astor