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Olivier Tramoni, En toute liberté

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Artiste peintre talentueux aux multiples ressources, Olivier Tramoni vit chaque jour pleinement sans se soucier du lendemain. Pinceau en main, il innove, se renouvelle, commence et recommence sans fin jusqu’à obtenir ce doux mélange sépia agrémenté d’une touche de rouge, sa marque de reconnaissance. L’artiste est dans sa bulle, en toute liberté, il prend plaisir à faire ce qu’il veut et c’est peut-être là le secret d’une vie épanouie.

Ce n’est pas dans sa galerie de Fréjus que j’ai rencontré Olivier Tramoni mais bel et bien dans son atelier, au cœur de dizaines de toiles, d’une multitude de pinceaux, d’outils et de pots de peinture à n’en plus finir. Là où tout se passe, où les idées naissent et viennent se poser subtilement afin d’obtenir l’œuvre tant attendue, fruit d’une situation vécue, d’une envie précise de liberté, d’un travail juste sans prétention aucune.

Olivier Tramoni

Pouvez-vous nous décrire votre univers artistique ?
Mon univers est compliqué ! (Rires) Cela fait pratiquement 20 ans que je fais ce métier par le plus grand des hasards. Je ne suis pas devenu artiste par passion, non pour moi c’était une nécessité de fabriquer un métier où j’avais toutes mes libertés. Ce que je recherche avant tout c’est la liberté d’une vie. Il y a eu beaucoup d’étapes dans mon travail et une remise en question permanente mais aujourd’hui je m’éclate. Ce matin par exemple on va me livrer une quarantaine de toiles, je ne sais pas ce qui va se passer dessus. Je pourrais me rassurer en me disant que je vais faire en sorte de plaire à tout le monde, mais non je vais prendre encore le risque de faire autre chose. Je prends le temps nécessaire pour faire ce que je veux. Van Gogh disait « on n’est pas payé au temps ni à la matière mais au talent », ce qui signifie qu’il n’y a pas de temps particulier pour faire une toile, on peut revenir dessus, la retravailler, c’est ce que je fais régulièrement.

De quelles situations vous inspirez-vous ?
J’ai trouvé l’inspiration dans le voyage. En fait, je vais récupérer des situations ou des instants que j’ai vécus ou qui ont attiré mon attention. Je voyage tout le temps. Mon inspiration va partir de l’Asie et aller jusqu’à l’Afrique, j’aime puiser les idées dans le voyage et la découverte, j’ai besoin de voir quelque chose de différent et d’intense. Je pense que la peinture comme la musique ou la littérature est une thérapie. Une fois que vous avez posé votre angoisse ou votre plaisir sur la toile, c’est terminé. Je ne garde rien en moi, je n’ai pas de remords car je mets tout sur mes toiles. Dans la construction de mes peintures, vous l’avez certainement remarqué, il y a toujours cette touche de rouge. Si je ne la mets pas, elle me manque, c’est plus fort que moi. Le rouge m’inspire, je ne l’explique pas.

Certains artistes peintres vous ont-ils touché plus que d’autres ?
Oui bien sûr ! Lucian Freud, le petit-fils du célèbre psychanalyste, parce qu’il va montrer une peinture plus charnelle et mettre en scène l’humain dans des situations très dures et très sales avec un talent fou. J’aime aussi beaucoup Philippe Pasqua qui est un peu mon mentor aujourd’hui. Il a trouvé une réalité magnifique. Vous avez un tableau devant vos yeux que vous regardez en commençant par le haut, il s’agit d’une femme nue et lorsqu’on arrive en bas du tableau on se rend compte que cette même femme est en fauteuil roulant. Cela remet en question beaucoup de choses et surtout cet esprit un peu négatif que l’homme a sur la femme.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la nouvelle année ?
Je vis au jour le jour. Je vais construire des toiles avec mes idées, c’est un peu comme une grande bande dessinée cette histoire, je raconte ma vie sur les toiles et puis pleins d’autres projets naissent. Je veux juste continuer mon chemin dans mon petit monde, un peu comme seul au monde. J’ai envie de vivre dans ma cabane sans trop me poser de questions. Je n’ai pas de montre, je passe mes journées ici et lorsque je suis pris dans une toile je peux y rester jours et nuits sans m’en rendre compte. Parfois, je préfère travailler alimentaire quelques temps pour pouvoir faire ce que je veux par la suite. J’ai mis du temps à réellement me faire plaisir, aujourd’hui je fais ce qui me plaît sans aucune contrainte.

Propos recueillis par Marine Astor