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Trio, duo… Solo, Mathieu Sempéré

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La Traviata, Carmen et même “Nathalie” de Bécaud. Mathieu Sempéré est avant tout un interprète. Habitué de l’Opéra, où il a débuté, il se plaît de plus en plus dans la variété. Le ténor a accumulé les succès. Ce diplômé de musicologie est plus connu du grand public comme un membre du groupe “Les Stentors”. De la première partie de Michel Sardou à la direction de son propre chœur, Mathieu vit la musique comme un partage. Il donnera de la voix, fin octobre dans le Var.

Avant de revenir sur votre parcours, parlons de votre passage à La Garde le 26 octobre. Que se passera-t-il ?
Je reviens pour parler de comédie musicale. On sera 17 ou 18. L’orchestre de Richard Garet comptera sept musiciens. Ce dernier a déjà accompagné Michèle Torr, Dave ou encore la tournée “Âge Tendre et Têtes de Bois“. Autrement dit, le groupe a l’habitude de la variété. Vous verrez un spectacle avec des tableaux. Ils décriront différentes comédies musicales. Nous évoquerons les débuts de ce genre puis, on va glisser vers les comédies musicales qui ont marqué la France. (Résiste, Starmania etc). Il y aura quatre chanteurs. Je serai le cinquième, l‘élément lyrique qui proposera une énergie nouvelle et des vibrations différentes.

Comment avez-vous débuté le chant ?
On passe tous par la musique au collège. Un professeur m’a dit : “Toi, tu dois chanter”. J’ai commencé dans une maîtrise d’enfants. C’est avec ce même enseignant que j’ai continué. Il m’a donné le goût de la musique classique. J’ai toujours chanté dans des chœurs puis seul. J’ai fini au conservatoire de Paris. Parallèlement, j’ai commencé la musicologie à la Sorbonne.

Votre identité musicale est bien distincte. Quels artistes vous ont inspiré ?
Quand on fait de l’opéra, en tant que ténor, on se réfère quasiment à la mythologie antique. On s’imprègne de grands ténors du passé mais aussi de ceux qu’on connaît plus, comme Pavarotti. Une voix de lumière, que l’on reconnaît en trois secondes. Vraiment, on n’a pas besoin de plus. Son timbre me touche et ce qu’il en a fait aussi, forcément.

Comment avez-vous bifurqué vers la variété ?
J’ai commencé par de l’opéra puis de l’opérette et de la comédie musicale. Cela reste du classique. Après, j’ai interprété des œuvres comme La Traviata ou la Flûte enchantée. Puis, j’ai un peu glissé vers la variété. En revanche, le premier amour (l’opéra) est toujours là. J’aime autant chanter les deux, il n’y a pas de priorité.

Comment choisissez-vous les chansons que vous reprenez ?
Je chante ce que ma voix me permet d’interpréter. Je ne vais pas faire de rap, compte tenu de mon profil, ça n’a aucun intérêt. A l’Opéra, on travaille beaucoup la voix. Le texte passe au second plan car le spectateur est loin. Quand on fait de la variété, de la pop ou de la chanson française, on peut choisir. Soit on écrit ses textes, soit on les fait écrire. Moi je suis un interprète. Même si je sais chanter La Traviata, je reprends aussi des chansons avec des textes qui me plaisent (Bécaud, Piaf, Brel…).

Vous êtes aussi connu pour votre place dans le groupe “Les Stentors”. Comment le groupe est-il né ?
Il s’est formé à la suite d’une demande d’Universal en Suisse. La maison de disque voulait un groupe qui reprend des chansons françaises, avec des voix d’opéra. On se connaissait tous. On chantait deux par deux (un Ténor et un Bariton). Avec l’un j’avais interprété Carmen, avec l’autre La Flûte enchantée. On a tous les quatre cet amour pour la chanson française. Nous sommes devenus des amis, on ne se quitte plus.

Avec eux, vous avez fait la première partie de Michel Sardou…
On avait l’habitude des spectateurs mais là, c’était un vrai plongeon dans l’inconnu. En 2011, notre premier disque a très bien marché. Michel nous a demandé de faire sa première partie dans une “petite salle” qui était en fait Bercy ! 13.000 personnes pour 3 soirées. La première chanson était un test. Elle a provoqué un soulèvement. C’est à ce moment qu’on s’est dit “c’est gagné”. Ensuite, pendant le show de Sardou, on a chanté “Je viens du sud” avec lui. Ce qui est incroyable, c’est de le voir nous regarder, se soucier de ce qu’on fait. J’appelle ça un vrai moment de partage.

Pour vous, que représente la musique ?
Quand je chante je viens partager des valeurs et des vibrations. A l’inverse, lorsque j’écoute quelque chose, je viens me nourrir. La musique en live fait beaucoup mieux passer ces sensations qu’un disque. J’ai toujours eu un chœur. Le chef d’orchestre va impulser son énergie pour que la musique ressemble à ce qu’il ressent. Il le fait aussi pour que les choristes en face reçoivent son énergie. Eux, ils prennent ce qu’on leur donne et décuplent cette force pour la rendre au chef d’orchestre. C’est ce partage qui symbolise, pour moi, la musique.

Si vous deviez citer un moment de votre carrière pendant lequel ce sentiment a été décuplé, lequel raconteriez-vous ?
Je vous parlerai des duos. Chanter avec une personne c’est remarquable. Cela répond complètement à l’idée que je me fais du partage. Avec Michel Sardou et Céline Dion on se dit…waouh ! On peut se laisser aller en musique mais il faut des bases solides. L’improvisation a une petite place, uniquement si c’est structuré derrière.

Propos recueillis par Laura Berlioz